Rick Mears : le seigneur silencieux d’Indianapolis

Rick Mears, discret mais implacable, est devenu l’un des rois d’Indianapolis grâce à une précision exceptionnelle et un sang froid unique.

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Rick Mears ne criait jamais, ne s’énervait jamais. Mais une fois la visière baissée, il devenait un tueur d’élégance, calme, méthodique, chirurgical. Quadruple vainqueur des 500 Miles d’Indianapolis, il est le gentleman de la vitesse, respecté de tous, même lorsqu’il les dépasse à plus de 350 km/h.

Californie, désert, essence

Né en 1951 à Wichita puis élevé en Californie, Rick Mears découvre la vitesse dans les courses de buggy dans le désert. Discret, concentré, obsédé par l’apprentissage, il entre en IndyCar en 1976. Repéré par Penske, son destin bascule.

Penske, la maison des champions

Roger Penske perçoit en Mears une combinaison rare : humilité, précision et vitesse pure. Dès la fin des années 70, Mears devient le fer de lance de l’équipe. En 1979, à seulement 27 ans, il remporte sa première victoire aux 500 Miles d’Indianapolis. Les succès s’enchaînent ensuite avec une régularité presque surnaturelle.

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Rick Mears : Le roi d’Indy

Rick Mears
Getty Images

Au sommet de sa carrière, Rick Mears devient l’un des rares pilotes capables de dominer Indianapolis année après année.

Voici les chiffres qui résument son règne :

  • 4 victoires à l’Indy 500 en 1979, 1984, 1988 et 1991
  • 6 pole positions à Indianapolis, record partagé
  • 3 titres IndyCar en 1979, 1981 et 1982
  • Des centaines de tours menés, souvent dans un silence glaçant

Il n’écrasait pas par la force, mais par une intelligence glacée et une économie parfaite du geste.

L’accident de 1984 : le corps brisé, le mental intact

Lors des essais à Sanair, au Canada, Mears s’écrase violemment contre un mur et subit de multiples fractures aux pieds. On doute qu’il puisse remarcher normalement. Il lutte, souffre, revient, un an plus tard. En 1988, il remporte encore les 500 Miles d’Indianapolis, un pied en métal dans la voiture. Un exploit inhumain, réalisé dans un calme absolu.

Mears, le sage du paddock

Après sa retraite en 1992, Rick Mears reste chez Penske comme mentor, coach et conseiller. Il forme plusieurs générations de champions, dont Helio Castroneves, Will Power et Josef Newgarden. Sa présence discrète, mais essentielle, influence encore aujourd’hui les victoires de l’équipe.

Ce que Mears incarne :

Brad Binder : le dompteur du désordre
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Son héritage dépasse les trophées. Il représente un style, une vision, une science de la vitesse.

  • La maîtrise absolue sur ovale
  • La lucidité à très haute vitesse
  • Une éthique de travail irréprochable
  • Un palmarès mythique dans l’histoire de l’IndyCar
  • Une influence immense, silencieuse mais déterminante

Mears : l’élégance à 350 km/h

Rick Mears n’était pas un showman. Il était un chirurgien du pilotage, un maître de la précision et de la réflexion. Il n’a jamais eu besoin de parler fort. Ses quatre victoires à Indianapolis ont parlé pour lui. Gentleman dans la vie, assassin des ovales une fois en piste, il restera pour toujours le pilote que les autres veulent comprendre… sans jamais parvenir à l’égaler.


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