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Sete Gibernau restera dans les mémoires non comme un champion du monde, mais comme le seul pilote à avoir, un temps, placé Valentino Rossi sous une pression constante. Une trajectoire faite de vitesse, de rivalité, et d’un virage trop serré à Jerez.
Sete Gibernau : héritier d’une lignée de course
Né en 1972, Sete Gibernau est le petit-fils de Francisco Bultó, fondateur de Bultaco. Il débute en 500 cm³ dans les années 1990, une période de transition technique complexe. Loin des projecteurs, il se forge dans des teams secondaires avant d’éclore chez Telefónica Movistar Honda.
Sa progression est lente mais constante, une montée en puissance fondée sur la lisibilité et la discipline.
Dani Pedrosa : le petit géant du MotoGP
Andrea Dovizioso : le stratège patient, maître du contre-attaque
L’apogée : le vrai rival de Rossi
- 2003 : Rossi paraît intouchable, sauf pour Gibernau
- Victoires à Welkom, Le Mans, Assen et Rio
- 2004 : 4 victoires, lutte directe pour le titre
- Style fluide, attaque propre, très fort en qualifications
- Visage du duel Espagne vs Italie avant Lorenzo et Márquez
Gibernau incarne le contre-modèle de Rossi, calme, discipliné, transparent, mais terriblement efficace.
2005 : Jerez, le tournant cruel
- Grand Prix d’ouverture à Jerez
- Dernier virage, tentative musclée de Rossi
- Contact, Rossi gagne, Gibernau termine deuxième
- Après cet instant, plus aucune victoire
Un seul virage suffit à briser une dynamique mentale. L’ascension s’arrête net, sans fracas, mais sans retour.
Fin de carrière difficile
- Arrivée chez Ducati en 2006, moto exigeante
- Chutes, blessures, perte de confiance
- Premier retrait fin 2006
- Retour sans points en 2009 avec Onde 2000
Sa fin de carrière ne reflète ni son talent, ni son impact réel sur le MotoGP.
Gibernau : un style de pilotage pointu

- Freinage précis et trajectoires longues
- Très solide en qualification
- Plus à l’aise en tête qu’en poursuite
- Moins performant dans les bagarres physiques
Sete gagnait à l’ancienne, par le rythme et la propreté, jamais par les coups d’épaule.
Personnalité et image
Gentleman, posé, respecté, Gibernau est longtemps resté très populaire en Espagne. Déstabilisé par la rivalité avec Rossi, il n’a pourtant jamais renié son style. Après sa carrière, il devient coach, consultant, puis encadrant de jeunes pilotes.
La classe d’un vice-champion digne, jusqu’au bout.
Palmarès : Sete Gibernau
- 9 victoires en 500/MotoGP
- 30+ podiums
- 13 poles
- Vice-champion du monde : 2003, 2004
- Saisons actives : 1997–2006, retour 2009
- Numéro : 15
Jorge Lorenzo : le perfectionniste impitoyable
Augusto Fernández : l’élève appliqué, à la recherche de constance
Sete Gibernau est le rival au cœur propre, tombé face à l’icône d’un sport. Il n’a pas été champion, mais il a été le cauchemar d’un champion.
Un pilote de talent, de courage, et de malchance.


