Franco Morbidelli : le styliste blessé, en quête de rédemption

Champion Moto2, vice-champion MotoGP, Franco Morbidelli a touché le sommet avant de connaître blessures, doutes et renaissance progressive.

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Franco Morbidelli, premier pilote issu de la VR46 Academy, est une figure à part du MotoGP moderne. Fluide, intelligent, très respecté, il a tutoyé le sommet avant d’être progressivement englouti par une moto capricieuse et des blessures persistantes.

Son parcours illustre une réalité rarement mise en avant: le talent seul ne garantit ni la stabilité, ni la longévité au plus haut niveau.

Origines : l’Italien de l’école brésilienne

Né en 1994, Morbidelli est à la fois italien et brésilien, une double culture qui marque profondément son style. Formé très tôt par la VR46 Academy, il ne suit pas une trajectoire classique, disposant de peu de moyens financiers mais bénéficiant d’un fort soutien technique.

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Son ascension passe par le Moto2 avec l’équipe Marc VDS. En 2017, il devient champion du monde Moto2, s’imposant par sa régularité, son style fluide et une capacité rare à enchaîner les tours propres.

Morbidelli se distingue déjà comme un pilote de lecture et d’intention, loin de l’instinct brut.

MotoGP avec Yamaha: l’apogée contrôlée

Arrivé en MotoGP en 2018 avec l’équipe satellite Yamaha Petronas SRT, Morbidelli progresse sans précipitation. La saison 2020 marque son apogée.

Vice-champion du monde, il décroche trois victoires et cinq podiums avec une M1 vieille d’un an. Sa gestion des pneus, de l’usure et du rythme de course fait référence.

Calme, analytique et précis, il s’impose comme l’un des pilotes les plus cérébraux du plateau.

Blessures et perte de repères: la chute silencieuse

En 2021, une grave blessure au genou change la trajectoire de sa carrière. Opéré, Morbidelli rejoint l’équipe Yamaha officielle, mais ne retrouve jamais son plein potentiel.

Les saisons suivantes sont marquées par une M1 instable, un manque de grip et une direction technique floue. Les résultats plongent : fond de grille, passages fréquents en Q1, très peu de points.

La confiance disparaît progressivement, et Yamaha choisit de ne pas le renouveler fin 2023.

Nouveau départ chez Ducati : l’attente du déclic

Recruté par Pramac Ducati pour 2024 en remplacement de Johann Zarco, Morbidelli hérite de la Desmosedici GP24 spécification usine.

L’adaptation s’avère complexe, mais la motivation reste intacte. Le pilote cherche encore à retrouver des performances en adéquation avec son niveau passé. Morbidelli n’a pas disparu, il attend une moto stable et prévisible pour s’exprimer à nouveau.

Depuis 2025, Franco Morbidelli a rejoint la team VR46, retrouvant l’environnement qui l’a formé. Avec l’objectif de se relancer durablement au guidon d’une Ducati plus stable et lisible.

Morbidelli
Getty Images

Franco Morbidelli : la science avant le combat

Très coulé, doux sur les commandes, Morbidelli excelle dans les longs virages rapides et la gestion des pneus. Il souffre davantage dans les bagarres serrées et sur les circuits stop and go.

Son pilotage exige une moto lisible et stable. Un styliste plus qu’un bagarreur.

Personnalité et image : le poète en cuir

Posé, cultivé et trilingue, Morbidelli est apprécié dans le paddock pour son humanité. Fidèle à la philosophie VR46, il reste lucide, réfléchi et discret.

Passionné de musique, amateur de piano et de soul, il cultive une image atypique dans un univers dominé par la performance brute.

Un bosseur discret, respecté, souvent sous-estimé.

Palmarès : une carrière marquée par un sommet

  • Titres mondiaux: 1 (Moto2 – 2017)
  • Victoires MotoGP: 3
  • Podiums MotoGP: 6+
  • Moto actuelle: Ducati Desmosedici GP24
  • Équipe: Prima Pramac Racing
  • Numéro: 21

Franco Morbidelli : talent brisé, pas éteint

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Franco Morbidelli a connu la victoire, les podiums et la lutte pour le titre mondial, avant de traverser le doute et l’effacement médiatique.

Mais il reste une main propre, un cerveau clair et un cœur lucide sur la grille MotoGP.


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