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Un champion du monde Moto2, calme et réfléchi, face à la brutalité du MotoGP. Augusto Fernández est arrivé en MotoGP avec un titre mondial en poche et une réputation déjà bien établie.
Pilote propre, réfléchi, finisseur, il n’a jamais incarné le rookie spectaculaire ou agressif à outrance. À l’inverse, il représente une approche patiente, analytique et profondément mentale du pilotage moderne, parfois à contre-courant de la brutalité du MotoGP.
Augusto Fernández : un parcours construit par le travail
Né en 1997, Augusto Fernández suit une formation espagnole classique, mais sans trajectoire linéaire ni exposition précoce excessive. Ses premiers Grands Prix en Moto2 arrivent par des remplacements dès 2017, sans plan de carrière verrouillé à l’avance.
Takaaki Nakagami : l’équipier modèle devenu repère technique
Fabio Di Giannantonio : le finisseur tardif, mais bien réveillé
Sa progression se fait par le travail, sans buzz ni mise en avant artificielle. Saison après saison, il monte en niveau, affine sa lecture de course et sa gestion mentale, jusqu’à atteindre son sommet en 2022.
- Champion du monde Moto2 en 2022 avec Red Bull KTM Ajo
- 4 victoires
- Saison régulière, gérée mentalement
Il n’est pas toujours le plus rapide en vitesse pure, mais il ne craque pas. Battu parfois sur un tour, jamais sur la constance. Augusto, c’est le stratège calme, rarement spectaculaire, mais très souvent placé.
2023 : débuts en MotoGP avec GASGAS Tech3
Son arrivée en MotoGP se fait naturellement via le giron KTM, au sein de l’équipe satellite GASGAS Tech3. Il dispose d’une RC16 en spécification usine et devient le premier rookie à temps plein de la saison 2023.
Son apprentissage est discret, mais méthodique. Peu de chutes, une adaptation progressive à la puissance, à l’aérodynamique et à la violence des phases de freinage caractérisent sa première année.
- Belle remontée au Mans avec une 4e place
- 13e du classement général
- Meilleur rookie de la saison 2023
Une première saison propre, rassurante, sans éclat excessif mais sans erreur majeure.
2024 : une progression freinée
La saison suivante s’annonce plus complexe. Toujours chez Tech3, Augusto Fernández doit composer avec une pression accrue, notamment liée à l’arrivée de Pedro Acosta, rookie vedette et immédiatement performant.
Les résultats sont en retrait. Les top 10 se font rares, la qualification devient un point faible, et l’impact en course reste limité malgré un rythme globalement solide.
- Performances en retrait par rapport au rookie phare
- Difficultés récurrentes en qualification
- Rythme de course correct, mais manque de tranchant
Fernández reste appliqué, sérieux, mais doit désormais hausser le ton pour rester pleinement dans le jeu MotoGP.
Nouvelle étape chez Yamaha : changement de culture et remise en question
Après son passage dans l’écosystème KTM, Augusto Fernández entame une nouvelle phase de sa carrière en rejoignant Yamaha. Un changement majeur, autant technique que culturel, pour un pilote encore en phase de construction en MotoGP.
La Yamaha qu’il découvre est une moto très différente de la KTM RC16. Moins brutale, plus exigeante sur la précision, elle demande une adaptation fine, notamment sur l’entrée en virage et la gestion du train avant, un point déjà central dans son pilotage.
- Nouvel environnement technique et humain
- Moto réputée pour sa précision, mais exigeante en confiance
- Phase d’apprentissage plus que de résultats immédiats
Ce choix illustre une continuité dans son approche : comprendre avant de forcer, construire avant de briller. Chez Yamaha, Fernández ne cherche pas l’impact instantané, mais une base saine pour exister sur la durée.

Style de pilotage : une approche à froid
Son style reste très marqué par la Moto2. Augusto pilote propre, avec une grande attention portée à la gestion des pneus et à la lecture globale de la course.
- Moins à l’aise dans les freinages extrêmes ou les duels agressifs
- Besoin de confiance technique, surtout sur le train avant
- Départs encore moyens malgré une bonne intelligence de course
Augusto progresse à froid, par accumulation et compréhension. Pas à l’instinct.
Personnalité et image
Posé, très travailleur, peu médiatisé, Augusto Fernández est reconnu pour sa grande éthique d’équipe. Respecté en interne, apprécié pour son sérieux, il ne cherche ni la lumière ni le projecteur.
Enea Bastianini : le tueur silencieux
Miguel Oliveira : le chirurgien oublié
Un pilote d’équipe, avant tout.
Palmarès Augusto Fernández : à mi-2025
- 1 titre mondial Moto2 (2022)
- 0 podium MotoGP (meilleur résultat : 4e)
- Structure actuelle : Yamaha
- Numéro : 37
Augusto Fernández incarne le travail lent mais construit. Encore en phase d’adaptation, il avance sans précipitation. S’il trouve l’outil et la confiance, il ne sera jamais un poids. Peut-être, à terme, un véritable atout.


