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Ferrari est la seule écurie présente depuis 1950 sans interruption en Formule 1. Plus qu’un constructeur, la Scuderia est un symbole. Son histoire mêle succès absolus, échecs retentissants et une présence continue qui fait dire que la Formule 1 sans la marque ne serait plus vraiment la Formule 1.
Les débuts : un constructeur indépendant dès l’origine
Dès la création du championnat du monde, la firme s’engage avec une vision claire : tout faire en interne.
- 1950 : engagement de la Ferrari 125 F1 à moteur V12 atmosphérique
- 1951 : première victoire en Grand Prix
- 1952 et 1953 : Alberto Ascari offre les deux premiers titres pilotes
Très tôt, le constructeur adopte une approche unique : châssis maison, moteur maison, structure intégrée. Cette indépendance devient à la fois sa plus grande force… et parfois sa plus grande faiblesse.
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Le règne sans partage de Ferrari
L’histoire de Ferrari est rythmée par des cycles très marqués.
Les années 1970 : la rigueur retrouvée
Avec Niki Lauda et la mythique 312T à moteur flat-12, Ferrari retrouve une stabilité technique et organisationnelle.
- Titres pilotes en 1975 et 1977
- Titres constructeurs en 1975, 1976 et 1977
- Organisation solide autour de Mauro Forghieri
Ferrari devient alors une machine efficace, moins chaotique, plus rationnelle.
Les années 2000 : l’ère de la domination totale pour Ferrari
Entre 2000 et 2004, Ferrari vit la période la plus dominante de son histoire.
- Cinq titres pilotes pour Michael Schumacher
- Six titres constructeurs consécutifs
- Fiabilité exceptionnelle
- Stratégie et arrêts aux stands de référence
Le trio Todt, Brawn, Schumacher transforme Ferrari en une organisation méthodique, froide, presque clinique. Une anomalie dans l’histoire émotionnelle de la Scuderia… mais terriblement efficace.
Les périodes de creux : la passion sans résultats
Ferrari n’a jamais quitté la Formule 1, mais elle a connu de longues périodes sans titre.
- 1980–1999 : aucun titre pilote malgré Prost, Mansell ou Alesi
- 2009–2019 : instabilité chronique après Schumacher
- 2020–2021 : chute brutale liée aux problèmes moteur et organisationnels
Contrairement à d’autres constructeurs, Ferrari ne se retire jamais. Elle reste, subit, encaisse, reconstruit… parfois maladroitement.
Ferrari aujourd’hui : un potentiel élevé, mais exécution fragile
Depuis 2020, Ferrari dispose d’outils de premier plan.
- Infrastructure de pointe à Maranello
- Moteur V6 turbo-hybride performant
- Pilotes de très haut niveau
Mais des faiblesses persistent.
- Stratégie de course parfois erratique
- Communication interne perfectible
- Gestion des pneus inégale
Ferrari reste capable de gagner, mais peine à enchaîner les saisons complètes sans erreurs opérationnelles.
Image et héritage : une religion mécanique
La marque dépasse le cadre du sport.
- Rosso Corsa inchangé depuis 1950
- Le cheval cabré, symbole universel
- Des monoplaces devenues mythiques
- Des pilotes entrés dans la légende
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Ferrari incarne l’émotion, la fierté, la beauté… parfois au détriment de l’efficacité pure.
La Formule 1 comme théâtre permanent
Ferrari en Formule 1, c’est une tragédie mécanique permanente. Une équipe capable du génie comme de l’échec, mais toujours présente. Elle gagne rarement sans passion, et perd rarement sans bruit. Plus qu’une écurie, c’est le cœur battant de la Formule 1.


