Cette impression que les voitures radar roulent trop lentement : mythe ou réalité ?

Déployées depuis 2013, les voitures-radars font débat. Conduite volontairement lente, marges d’erreur, témoignages et position officielle de l’État.

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2013 et 2017 sont deux dates clés dans la mise en place des voitures-radars. La première représente leur entrée en circulation sur le territoire français. Ainsi, ces véhicules ont pour objectif de contrôler la vitesse des automobilistes en circulation, tout en restant incognito.

La seconde date, quant à elle, représente la prise en main de ce dispositif par des entreprises privées. Aujourd’hui, cela représente une flotte de plus de 550 voitures-radars réparties sur toute la France, à l’exception de l’Île-de-France et de la Corse.

Si l’on peut penser ce système infaillible, il reste toutefois moins performant qu’un radar fixe, notamment à cause des marges d’erreur liées au relevé de la vitesse. Ainsi, il faut compter :

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  • En dessous de 100 km/h : une marge de 10 km/h est déduite.
  • Au-dessus de 100 km/h : une marge de 10 % est déduite.

Ainsi, si une voiture-radar flashe à 138 km/h sur l’autoroute, la vitesse retenue sera de 124 km/h (138 – 13,8). Toutefois, plusieurs témoignages rapportent des situations suscitant la polémique.

Voiture radar : flasher à tout prix ?

Comme le dit l’adage, la faim justifie les moyens. Et dans le cas des voitures-radars, tous les moyens seraient bons pour prendre les automobilistes en excès de vitesse.

D’ailleurs, la Ligue de Défense des Conducteurs s’était insurgée à la suite de ce témoignage en 2020, relayé par LeFigaro :

« Grande ligne droite avec une bonne visibilité, j’accélère pour la dépasser […] Sauf que le véhicule que je venais de doubler était une voiture radar. Si elle n’avait pas été sur la route, je serais resté à ma vitesse d’origine et n’aurais pas commis d’infraction. Je me suis retrouvé en excès de 8 km/h. »

Une situation plus que problématique, qui en dit long sur la politique de l’État quant à la multiplication des radars. D’ailleurs, ce témoignage n’est pas le seul dans cette veine.

Dans une autre affaire, une potentielle voiture radar aurait essayé de pousser un automobiliste à commettre une infraction. Dans un premier temps, elle roulait lentement (85 km/h) sur une portion limitée à 90 km/h avec ligne continue. Puis, elle accélérait au-dessus de la limitation dès que le dépassement était autorisé, dans le but de forcer le conducteur à doubler en excès de vitesse.

Que dit la loi

Bien que les témoignages semblent aller dans une direction commune, l’État reste formel. La rémunération ne dépend pas du nombre de personnes flashées.

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En outre, les conducteurs des voitures-radars doivent :

  • Être titulaires du permis depuis au moins trois ans
  • Avoir un casier judiciaire vierge
  • Rouler dans le flux normal de circulation et à la vitesse autorisée

En outre, ces véhicules respectent des zones d’action avec des circuits prédéterminés. Si l’État dément toute dérive, le durcissement des règles autour du Code de la route crée un climat de tension où la suspicion est devenue reine.


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